Paroisse Oberhaslach - Paroisses Bruche/ Hasel. Pèlerinage Alsace, Messes des églises, Oberhaslach, Niederhaslach, Urmatt, Heiligenberg

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 Eglise paroissiale Saint-Arbogast



L'église paroissiale, avait été placée sous le patronage de saint Arbogast, prédécesseur de saint Florent sur le siège épiscopal de Strasbourg, et a été édifiée dans les années 1782-1784. Elle a pris la place de la chapelle déjà mentionnée en 1216. Celle-ci ne contenait qu'un simple autel et ne possédait aucun ornement liturgique. En 1696, la messe n'y était célébrée qu'une fois l'an.

De type église-salle édifiée dans l'esprit du XVIIIe siècle, l'église présentait sans doute dès l'origine un aspect très sobre. Son abside arrondie, à volume extérieur polygonal, est tournée vers le sud. À l'opposé, le narthex est surmonté d'une élégante tour-clocher. Son mobilier initial semble avoir été assez rudimentaire. L'autel de chœur d'origine fut en effet remplacé dès 1830. Taillé par les sculpteurs tyroliens Joseph Freis et Christian Kuber, il fut solennellement béni le 18 juillet de cette année. Ce monument, réalisé à V initiative du curé François Xavier Ortlieb (1803-1866), arrivé à Oberhaslach en juin 1829, fut ensuite complété par deux autels latéraux réalisés par les mêmes sculpteurs. Les autels latéraux furent bénis le dimanche 20 juillet 1834, pour la fête de saint Arbogast. L'année suivante, le 17 mai, un chemin de croix, probablement le premier, vint orner l'église. Tous ces aménagements ont pu être réalisés grâce à la générosité des paroissiens.

Au cours de la longue période plus calme qui allait suivre, la municipalité conduite par son maire, le meunier Joseph Siat (1791-1866), décida de doter le village d'une horloge municipale qui serait placée dans la tour de l'église. Le maire prit contact, en octobre 1843, avec le célèbre fabricant d'horloges strasbourgeois Jean-Baptiste Schwilgué ( 1776-1856). Il s'agissait là d'une initiative d'avant-garde pour le modeste village qu'était alors Oberhaslach qui comptait cependant déjà plus de 900 habitants. La rénovation paroissiale reprit en 1879 avec l'arrivée du curé Jean-Baptiste Muller ( 1834-1907) qui s'occupa en priorité de la chapelle. Les travaux à l'église paroissiale ne débutèrent qu'en 1882. Pour cela, le curé s'était tourné vers le sculpteur colmarien Jean Weyh qui avait déjà installer, en 1882, les trois autels de la chapelle Saint-Florent. Ce sculpteur réalisa pour l'église paroissiale un maître autel et deux autels latéraux, dans le style de ceux de la chapelle. L'autel de la Vierge, payé par Anne-Marie et Françoise Dantzer (déjà donatrices d'un vitrail de la chapelle) ainsi que l'autel de saint Joseph, payé par Antoine Ehrhard et Marie Anne Zehner (également donateurs d'un vitrail de la chapelle), furent installés le 13 juillet 1886. Quant à l'autel du chœur, offert par la commune, il fut mis en place trois semaines plus tard, le 4 août.

Après une pause de sept années, les transformations furent poursuivies en 1893. Jean Weyh rénova totalement les peintures intérieures de l'église en faisant un large usage de la polychromie. Il élabora une nouvelle chaire à prêcher qu'il installa au milieu de la nef, fixée au mur côté est. Il fournit aussi le banc de communion ainsi qu'un nouveau chemin de croix, commandé par ses soins à Munich, probablement chez Mayer. Ce chemin de croix, béni le 2 juillet 1893, est encore en place aujourd'hui, mais dépouillé de son encadrement ouvragé, éliminé en 1974. Sa quatorzième station présente une Mise au tombeau d'inspiration bourguignonne, peu courante en Alsace. Quant à la chaire, qui semble n'avoir jamais reçu d'abat-voix, elle est à présent placée à l'avant de la nef.
Agrandissement ou église nouvelle ? Telle était la question qui donna lieu à de longs et difficiles débats qui allaient durer plus de 40 ans. Dès 1882, l'accroissement de la population très largement pratiquante amena les autorités locales à envisager Y augmentation de la capacité d'accueil de l'église paroissiale.

Deux courants allaient rapidement s'affronter : les uns souhaitaient une église nouvelle plus grande, quand les autres considéraient qu'un agrandissement de l'existant serait financièrement plus raisonnable.

Ainsi le curé Jean-Baptiste Muller, soutenu par le maire Antoine Dantzer, proposait en 1890 la construction d'une église de plus grande capacité, pendant que le conseil municipal se déclarait favorable à l'extension de l'église en place, ce que le conseil de fabrique estimait totalement irréalisable. Finalement on ne construisit qu'une nouvelle sacristie. Devant tant d'antagonismes, le projet resta en sommeil jusqu'en 1913. La municipalité proposa alors de construire une nouvelle église de style néogothique, selon le courant en vogue parmi les architectes du Reichsland. Elle envisageait de l'implanter dans l'angle formé, côté est, par les rues de Molsheim et de Wasselonne. Un terrain suffisamment vaste y était disponible, la maison qui s'y trouvait étant à démolir. 
Le conseil de fabrique, probablement sous l'influence du curé Emile Breitenstein (1858-1925), trouvait ce lieu inapproprié en raison de la proximité d'auberges et de la route à grande circulation. De plus, le lieu lui paraissait trop éloigné de  la  chapelle. Il  proposait  de  construire cette église en lieu et place de l'existante ou éventuellement au nord de l'école des filles. La guerre déclenchée en juillet 1914 mit un terme aux discussions. La paix revenue, on évoqua un moment, en 1923, l'idée rapidement abandonnée d'élever l'église à l'emplacement de l'actuelle mairie qui allait y être construite en 1928.
 
Il fallut attendre 1934 pour voir le sujet redevenir d'actualité, toujours dans un contexte conflictuel. Le curé Georges Goepp, nommé à Oberhaslach en juillet 1925, avait sollicité les architectes strasbourgeois Falkowsky et Hurst. Ceux-ci élaborèrent deux solutions qui conservaient l'abside ainsi que le narthex avec la tour. Le « projet A » offrait 650 places dans une église dont le chœur serait tourné vers l'est, tandis que le « projet B » prévoyait 740 places dans l'église existante, élargie par deux grandes nefs latérales. Finalement la municipalité imposa son choix en 1936. Le projet de l'architecte Rudloff, qui venait de construire la mairie, fut retenu. L'église serait élargie par deux nefs latérales, de dimensions plus réduites que celles proposées par Falkowsky. Sa capacité serait portée à 534 places pour adultes et 96 pour enfants. Les marchés furent attribués par soumission le 16 septembre 1936, le financement du projet étant à la charge de la commune et de la paroisse, sensiblement à parts égales.

L'église agrandie fut rendue au culte dans le courant de 1937, après complète remise en peinture et installation de huit vitraux peints, réalisés dans les ateliers Ott Frères de Strasbourg. Ces huit verrières, encore en place en 2011, furent payées respectivement par la famille du meunier Ferdinand Muller, les Enfants-de-Marie (cf. les vitraux reproduits à la page 84), les enfants du meunier Joseph Siat ( 1830-1900) et de Catherine Fenger, un groupe de paroissiens, ainsi que par la commune et la Caisse d'épargne et de prêts, deux vitraux chacune. Durant les travaux, les offices avaient été célébrés à la chapelle Saint-Florent. La nouvelle construction, ainsi devenue église-halle à trois vaisseaux, passa sans encombres la dernière guerre avant d'être l'objet d'une grande restauration en 1974, suite aux nouvelles règles liturgiques issues du concile Vatican IL Comme la chapelle, l'église perdit ses autels de Weyh pour retrouver un aspect plus sobre. Des œuvres monumentales de Jean Weyh il ne reste aujourd'hui que la chaire à prêcher et les deux panneaux du retable de l'ancien maître autel de la chapelle Saint-Florent. Ces panneaux, disposés à l'entrée du chœur de l'église et reproduits à la page 11, illustrent deux scènes de la légende de saint Florent.

Extrait du livre OBERHASLACH et la vallée de la Hasel. (L'histoire d'Oberhaslach et de la vallée de la Hasel au fil des siècles)
Cette ouvrage très instructif est disponible en Mairie et a été réalisé à l'initiative de Monsieur Pierre Bock ancien Maire d'Oberhaslach et de André et Marie-Rose PICHLER-REEBE.
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